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31.05.2008

Mon île

Mon île s'appelait l'île de Hasna.

Le ciel y est bleu. Les maisons blanches, à toits plats.  Beaucoup d'immueubles hétéroclites, en ville.

L'été, il faut chaud, mais doux, car il y a du vent : sauf quand la Kalima, le vent du désert, souffle. Là, l'air devient brûlant pour deux ou trois jours, c'est affreux, et ce vent déssèche tout, c'est un vent de mort. 

Mais le reste du temps, c'est un pays de douceur, de bleu, de bougainvillers, de sourires.

D'indolence, aussi. Les jeunes filles ne portent plus de robes elfiques et flottantes, comme ce fut le cas en des temps reculés ; mais des jeans et des t-shirt extrêmement ajustés. Pourtant leur démarche porte encore la marque des robes elfiques et des voiles multiples. 

26.05.2008

Ailleurs

J'ai vécu dans un pays hors d'Europe. Je suis bien ennuyée pour en parler, parce que ce pays est d'une culture controversée en ce moment et je voudrais bien en parler d'une façon qui ne donne pas prise à la controverse.

Non que je veuille pas critiquer.

Si si je veux critiquer, non mais.

Mais je sais bien comment la critique peut-être entendue par certains. Pour certains, la conclusion de mes observations serait :" ah, ces gens-là, de toute façon, ils ne savent vivre que comme ci ou comme ça, ils sont menteurs, ils sont voleurs, ils sont paresseux...."

Et pour d'autres, on me dirait :"Mais dis donc, toi, tu te crois encore aux colonies?"

Les deux me foutent en rage.

Je veux pouvoir parler librement, sans ces putains de préjugés.

Alors je vais inventer un pays. Juste pour moi. Celui qui comprend, bien... Celui qui pige pas, bien... 

Ce pays, que j'ai quitté, je ne le regrette pas, et en même temps je l'ai en moi comme une douleur. Je me suis mise à l'aimer, alors que je ne le voulais pas. Les choses ne sont pas si simples.

Nous dirons que c'est une île. Alors je pourrais parler de l'île.

20.05.2008

Education

C'est de la catégorie molle, que je fais, là. En fait je ne sais pas trop où je vais mais j'y vais.. je trouverais mon chemin en route.

Je vais parler de l'éducation... wouaaaah.. vaste sujet.

Par quel bout commencer? Déjà , je peux raconter que jeune, je savais tout. Oui, oui, je savais ce que je ferais avec mes enfants : pas comme ci, pas comme ça. Non mais!! j'ai des principes. ET de la tolérance. Et je veux du dialogue. Mais pas trop.

Voilà. C'était bien, hein?

Après, j'ai eu des enfants.

C'était plus si simple, hé hé.

Maintenant, mes enfant sont d'âge moyen. Et moi, j'ai réfléchi. Je deviens à la fois de plus en plus cool et plus militaire.

En gros, l'idée qui sous -tend mes rapports avec mes enfants, maintenant, c'est que eux font ce qu'ils veulent, dans un certain type de limites, et avec un certain nombre d'obligations : ils doivent étudier convenablement, se tenir bien, faire des trucs dans la maiso, etc. Mais je me contente de gérer ça de loin, du moins j'essaie.

Je me suis rendue compte que les parents mettent trop de choses sur la tête des enfants : en particulier la réussite scolaire, preuve de la réussite de l'éducation. Je ne dis pas qu'il ne faille pas y attacher un peu d'importance, mais les enfants premiers de la classe pour leur maman, ce n'est pas sain. J'aimerai avoir un enfant premier de la classe pour lui-même... Mais non. j'en ai un "bon élève tout seul", et j'en ai un "joyeux fumiste". Celui-là me donne l'occasion d'exercer ma tolérance. Pas toujours facile.

 

15.05.2008

L'enseignement à tirer de la fréquentation du vieux con

Oui, c'est pas le tout de fréquenter des cons, faut que ça serve.

Moi j'ai un programme : apprendre à faire fuir les inconnus.

Objectif : rester au moins un an sans amis.

Note au passage : je n'ai jamais réussi, je rencontre toujours des gens et je dois être naturellement aimable. Donc les gens me trouvent sympa.

Alors que je ne le suis pas, merde, je suis chiante et je me crois supérieure aux autres.

Alors, le vieux con. Ceux dont je parle ont d'abord été aimables, peut-être parce qu'ils croyaient que j'étais comme eux? Enfin que je le serais, malgré mon étrangitude?  De toute façon, il faut d'abord ne pas être aimable.

Ne pas être aimable : comment faire?

C'est pas facile, car j'ai eu une éducation qui fait que d'abord je souris quand je rencontre quelqu'un (c'est réflexe : je suis contente de rencontrer quelqu'un, alors paf je souris), ensuite je parle avec une voix aimable et un peu aigue, (ah Oui? Ah vous aussi? Moi aussi j'ai deux enfants!!!), je m'intéresse aux gens (je suis curieuse) voire je dis (c'est quasi un réflexe) qu'on pourrait se revoir, hein, pourquoi pas?? Les gens disent oui, on prend nos tel et on se revoit.

Mais peut-être pas dans une grande ville.

Mais la communauté expat doit être toute petite.

Bon, quoiqu'il en soit. Les solutions :

  • Arrêter de  sourire? pas cool, j'ai le visage qui fatigue, ça va vraiment me donner une trop sale gueule.
  • La voix : alors là oui. Je sais que j'ai tendance à avoir une voix trop gentille et aigue. Je pourrais me taire plus, ça en reposerait certains, et parler en baissant la voix, et en contredisant mes interlocuteurs, qu'en général je laisse dire parce que je m'en fous : d'où vient qu'ils me trouvent sympa, alors qu'en fait je ne suis pas  d'accord avec eux, mais ça me fatigue de polémiquer.
  • Poser des questions aux gens : oui, et même plus. ça m'apprendra à ne pas me faire avoir. En particulier les gens qui prétendent avoir fait des tas de choses, il faut que je cherche à les coincer. La fréquentation de deux mythomanes m'a rendue prudente. Il suffit de poser des questions, et de réagir à la moindre incohérence.
  • Prendre le tel : oui et non. Certes, si on prend le tel de la personne, on sera amené à la revoir, ou elle risque elle aussi d'appeler... Alors, il faudra refuser toutes les soirées juste "entre copains" : on n'est pas copains : ça évitera d'être piégé dans des mondanités, et de revoir des gens qu'on n'a pas envie de voir, et aussi d'être grossier : ne pas rendre une invitation, moi ça me fait quelque chose. Donc, n'accepter que les sorties genre ciné ou expo, dans laquelle il y a un autre but que la rencontre, au moins on ne perd pas son temps totalement.

Etablir cette liste me donne l'impression de me fermer, j'aime pas.

La solution, ce serait peut-être d'être nature, et de dire des tas de conneries, pour faire fuir les gens trop conventionnels. c'est pas mal, mais ça fait venir les non-conventionnels, et ça peut aussi être pénible...

Dur d'être misanthrope. 

14.05.2008

Champagne

J'aime le champagne. Et d'une façon générale tous les trucs à bulle, sauf le mousseux de trop basse catégorie. J'aime, c'est frais c'est léger, on peut tout faire avec,  et quand on en offre aux gens, ça met dans leurs yeux une lueur qu'aucun autre alcool n'allume. Ils commencent à sourire et disent : "qu'est-ce qu'on fête?" Oh, certes, c'est atrocement conventionnel, mais c'est fort sympahtique.

D'autre part, le champagne a donné à Jacques Higelin l'occasion de faire une ùmagnifique chanson, l'une de mes préférées, dont je donne ici le texte, histoire de meubler.

 

 

Champagne

by Jacques Higelin

Album: "Du champagne pour tout le monde, du caviar pour les autres"

   La nuit promet d'être belle Car voici qu'au fond du ciel Apparaît la lune rousse. Saisi d'une sainte frousse, Tout le commun des mortels Croit voir le diable à ses trousses. Valets volages et vulgaires, ouvrez mon sarcophage Et vous, pages pervers, courrez au cimetière. Prévenez de ma part mes amis nécrophages Que ce soir, nous sommes attendus dans les marécages. Voici mon message : Cauchemars, fantômes et squelettes, laissez flotter vos idées noires Près de la mare aux oubliettes, tenue du suaire obligatoire. Lutins, lucioles, feux-follets, elfes, faunes et farfadets Effraient mes grands carnassiers. Une muse un peu dodue me dit d'un air entendu : " Vous auriez pu vous raser. " Comme je lui fais remarquer deux-trois pendus attablés Qui sont venus sans cravate, Elle me lance un œil hagard et vomit sans crier gare quelques vipères écarlates. Vampires éblouis par de lubriques vestales, Égéries insatiables chevauchant des Walkyries, Infernal appétit de frénésie bacchanales Qui charment nos âmes envahies par la mélancolie, Satyres joufflus, boucs émissaires, gargouilles émues, fières gorgones, Laissez ma couronne aux sorcières et mes chimères à la licorne. Soudain les arbres frissonnent Car Lucifer en personne Fait une courte apparition, L'air tellement accablé Qu'on lui donnerait volontiers Le Bon Dieu sans confession, S'il ne laissait, malicieux, Courir le bout de sa queue Devant ses yeux maléfiques Et ne se dressait d'un bond Dans un concert de jurons, Disant d'un ton pathétique Que les damnés obscènes Cyniques et corrompus Fassent griefs de leur peines À ceux qu'ils ont élus, Car devant tant de problèmes Et de malentendus Les dieux et les diables En sont venus à douter d'eux-mêmes (Dédain suprême). Mais, déjà, le ciel blanchit. Esprits, je vous remercie De m'avoir si bien reçu. Cocher, lugubre et bossu, déposez-moi au manoir Et lâchez ce crucifix Décrochez-moi ces gousses d'ail Qui déshonorent mon portail Et me chercher sans retard, l'ami qui soigne et guérit la folie qui m'accompagne Et jamais ne m'a trahi : Champagne...   

11.05.2008

Testé pour vous : le vieux con

Depuis peu j'expérimente en live direct et avec ô combien de stupéfaction la fréquentation du vieux con.

Il s'agit d'un singulier générique, au moins cinq vieux ou vieilles con(nes) m'entourent.

Je veux parler des autres résidents de mon immeuble. A l'exception de ma voisine, sur le même palier que moi, et que j'ai fui dans mon obsession antisociale, mais dont je dois reconnaîtree qu'elle est sympa, mon immeuble est un immeuble de vieux.

Et cette ville est une ville de facho. Des vrais fachos, un dictateur local est parti de là il y a 70 ans pour prendre le pouvoir. Ils sont de beaux restes.

Donc, de vieux fachos.

Ils n'aiment visiblement pas les jeunes, ni les étrangers. C'est vrai que c'est pas de bol pour eux.

Typologie :

  1. la pomponnée rose. Barbie XVIème, version Troisième âge. Pantalon, veste généralement dans les roses, de type Chanel, talons BCBG, maquillée, rutilante de bijoux,  avec unenette tendance kitch. Couleur favorite : rose.
  2. La pomponnée sobre. Plus sobre, plus m ode, moins kitch. Couleur favorite : rouge.
  3. Le vieux sérieux. Il a eu un poste important, il ne l'a plus mais il est toujours sérieux. Pantalon de costume, chemise ou polo, pull discret. Fait la gueule.
  4. Le vieux artiste. Délicat, raffiné, musicien, peintre, plus gracieux, mais tout de même effrayé par mon menaçant mètre soixante.

Au début, ils étaient tous aimables et très souriants. Maintenant ils font tous la gueule.

Je leur dis bonjour systématiquement, et non seulement bonjour, mais avec sourire et pleins de mots que je leur projette à la figure dans ma maitrise imparfaite de leur langue. Mon amabilité brouillonne les pétrifie. Avez-vous remarqué comme il est difficile, quand on veut être bien éduqué, de faire la gueule à quelqu'un qui vous parle en souriant et avec enthousiasme? 

En fait, cela fait déjà deux ans que j'utilise la suramabilité comme une arme : je trouve ça positif et assez jouissif : les gens sont toujours touchés quand on est aimable avec eux. ça permet de dériver l'agressivité sur autre chose, et quand on case une vacherie au milieu des trucs sympas, on a la joie de voir qu'ils ont du mal à comprendre que c'est une vacherie, ou alors ils comprennent, mais lentement, et réalisent alors qu'on se fout de leur gueule...

La vengeance est un plat qui se mange froid.... 

Mais parfois j'oublie d'être désagréable.

Alors ils gardent de moi un souvenir sympa.

Je me console en me disant qu'à défaut d'être méchante, je suis au moins hypocrite. 

 

09.05.2008

Encore un week end

Encore un. Pas facile, la misanthropie. J'ai encore des progrès à faire. Vu la proximité de notre départ, une maman d'enfants amis des miens m'a proposé d'emmener tout le monde dans un parc de loisir. Naturellement, je peux refuser. Le week end dernier, nous n'avons vu des gens que le soir. Mais j'ai du mal à infliger la solitude à mes enfants. Certes, moi même j'aime maintenant être seule ; mais je me souviens fort bien des longs ennuis de mon enfance, dans l'appartement de mes parents, à rêver, à fantasmer littéralement sur des amis hypothétiques que j'aurais pu avoir. Je me souviens de longs moments passés à regarder par la fenêtre, dans la cour de l'immeuble où je rêvais d'aller, et qui m'étais interdite.

Quand j'y pense, je me dis que la solitude seule imposée seule n'était pas responsable de mon ennui et de ce sentiment d'isolement. Je devais me sentir mal au sein de cette famille : pourtant, je me souviens que j'aimais mes parents, à l'époque. Je ne dis pas qu'il n'en est plus ainsi : mais maintenant, en plus, je les méprise et je leur en veux du monde étriqué que j'ai du briser pour être moi -même.

Voilà pourquoi je ne veux priver mes enfants. Je n'ose pas. En la matière, je perds tout jugement. Je suis si effrayée à l'idée d'en faire des sauvages tels que je l'étais que je ne refuse aucune activité sociale. Malgré ce blocage qui me prive de tout esprit critique, je ne pense pas qu'il y ait quoique ce soit de sauvage ou de timide en eux.

En contrepartie j'accueille les enfants la veille au soir. C'est parfait. J'adore les enfants à la maison. ça remue, ça pouffe, ça arrête de parler quand j'arrive, ça me répond poliment mais en souhaitant mon départ : parfait. Des enfants idéaux, invisibles, rigolards, courtoisement non conventionnels. Un peu de folie dans cette ville de facho.

(Du vrai facho, du tamponné : l'ai-je déjà dit? un dictateur de sinistre mémoire est parti d'ici conquérir le pays ; sa statue est en bas de la rue). 

08.05.2008

Fichu déménagement

Ah, fichu déménagement !!! Il va m'empêcher de me consacrer à mon blog extraverti comme je veux !!!!

06.05.2008

Réflexions

Donc dans un mois et surtout dans deux j'arrive en un lieu nouveau. Ce n'est pas la première fois que j'arrive.

L'avant dernière fois a été traumatisante. J'étais trop nouille, et j'ai voulu me faire des amis. La solitude, c'est pas rigolo. Pour m'en faire, je m'en suis fait, mais je me suis rendu compte que la plupart des expats se tirent de chez eux parce qu'ils ont des problèmes, toutes sortes de problèmes : moi-même, je fuis ma famille.

J'ai donc rencontré des problèmes ambulants, et comme, en me vantant, j'avais plutôt moins de problèmes qu'eux, je me suis trouvé dans des amitiés fausses et intéressées, et j'ai mis des années à m'en rendre compte.

Du coup, j'ai essayé d'avoir plus une vie sociale que des amis, et ça a très bien marché, mais qu'est-ce que c'était rasoir, toutes ces sorties chez des gens inintéressants.

Et l'horreur, c'est que je deviens une vieille scrogneugneu, on dirait ma mère, je n'aime plus personne, je n'ai plus envie de voir personne.

Enfin à ma décharge, depuis 8 ans, je vois plein de monde. 

Bref, mon objectif, c'est : rencontrer des gens, mais rester dans des relations superficielles avec eux. Les discussions à coeur ouvert c'est fini. Je suis fermée comme une huître. C'est vilain mais c'est comme ça.

Problème : ici, j'ai rencontré des gens.

Et paf, je suis entrée de plein pied dans des relations cool et sympas et intimes. Tout ce que je ne veux pas.

Oui, car suivez moi bien, je veux être chiante et froide, mais ce n'est pas gagné. A la base, quand on me rencontre, j'ai l'air d'une petite nana sympa et rigolote. Si si. 

Je crois donc que je dois me transformer en vieille conne pour faire fuir les gens.

C'est pour ça que je crée ce blog (je me comprends). 

01.05.2008

Willkommen bienvenue welcomme marhaba

Je crée là mon xième blog et je vais me lancer dans le blog extraverti.

Oui avant je faisais des blogs tristes que personne ne lisait et j'étais triste et malheureuse et c'était affreux.

Maintenant tout a changé.

J'ai changé.

Le truc le plus génial du moment c'est que dans un mois je pars habiter dans une capitale !!!!!!

Je dis pas où.

(La blogosphère est si vaste que je vas me faire repérer.)

Je suis trop contente. Pour la capitale. Et pour mon blog extraverti.

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