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09.05.2008
Encore un week end
Encore un. Pas facile, la misanthropie. J'ai encore des progrès à faire. Vu la proximité de notre départ, une maman d'enfants amis des miens m'a proposé d'emmener tout le monde dans un parc de loisir. Naturellement, je peux refuser. Le week end dernier, nous n'avons vu des gens que le soir. Mais j'ai du mal à infliger la solitude à mes enfants. Certes, moi même j'aime maintenant être seule ; mais je me souviens fort bien des longs ennuis de mon enfance, dans l'appartement de mes parents, à rêver, à fantasmer littéralement sur des amis hypothétiques que j'aurais pu avoir. Je me souviens de longs moments passés à regarder par la fenêtre, dans la cour de l'immeuble où je rêvais d'aller, et qui m'étais interdite.
Quand j'y pense, je me dis que la solitude seule imposée seule n'était pas responsable de mon ennui et de ce sentiment d'isolement. Je devais me sentir mal au sein de cette famille : pourtant, je me souviens que j'aimais mes parents, à l'époque. Je ne dis pas qu'il n'en est plus ainsi : mais maintenant, en plus, je les méprise et je leur en veux du monde étriqué que j'ai du briser pour être moi -même.
Voilà pourquoi je ne veux priver mes enfants. Je n'ose pas. En la matière, je perds tout jugement. Je suis si effrayée à l'idée d'en faire des sauvages tels que je l'étais que je ne refuse aucune activité sociale. Malgré ce blocage qui me prive de tout esprit critique, je ne pense pas qu'il y ait quoique ce soit de sauvage ou de timide en eux.
En contrepartie j'accueille les enfants la veille au soir. C'est parfait. J'adore les enfants à la maison. ça remue, ça pouffe, ça arrête de parler quand j'arrive, ça me répond poliment mais en souhaitant mon départ : parfait. Des enfants idéaux, invisibles, rigolards, courtoisement non conventionnels. Un peu de folie dans cette ville de facho.
(Du vrai facho, du tamponné : l'ai-je déjà dit? un dictateur de sinistre mémoire est parti d'ici conquérir le pays ; sa statue est en bas de la rue).
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